INTERVIEW DU CAPITAINE : JORDAN HILL

13/02/2020

 

       Lorsqu’on lui dit qu’à 29 ans il fait déjà parti des « meubles » car il va terminer sa neuvième saison au Cs Bellac, Jordan éclate de rire, il réagit immédiatement en affirmant avec son bel accent britannique : « Je suis un ancien mais pas un vieux, c’est vrai que le temp passe très vite, mais dans ma tête rien n’a changé… ».

 

       A la sortie d’un entrainement au cours duquel il a une nouvelle fois tout donné, celui qui est arrivé en France en 2008 à l’âge de 18 ans, nous confie en toute sincérité ses impressions sur ses quelques années passées au club ainsi que sur la saison en cours.

 

 

Bonjour Jordan, tu as signé au CS Bellac rugby en 2010, mais pour ceux qui ne te connaissent pas encore très bien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

 

Jordan HILL, j’ai 29 ans et je suis anglais d’origine. Je débarque en France le 1er Décembre 2008 exactement. Je me suis installé avec mon père sur une exploitation agricole à Beaulieu, à coté de Cromac, à la frontière entre l’Indre et la Haute Vienne. Ma carrière rugbystique débute au « BUDE rugby club » en Angleterre à l’âge de 14 ans, club que je quitte trois ans plus tard à la suite d’une vilaine blessure, et puis je savais que j’allais quitter l’Angleterre alors le cœur n’y était plus…

 

Comment as-tu vécu ton arrivée en France et ton accueil dans le club ?

 

 J’ai vécu mon arrivé en France assez difficilement car la culture était différente et surtout parce que je ne connaissais que deux mots de français !!! Pour faciliter mon intégration, il fallait que je signe dans un club de rugby du coin, j’ai fait des essais à Saint Junien, à La Souterraine, mais c’est bel et bien ici, à Bellac, que je me suis senti le mieux, l’accueil a été chaleureux et j’ai retrouvé une deuxième famille.

 

Te rappelles - tu de ton premier match sous les couleurs bellachonnes ?

 

 Je me rappelle que je suis arrivé à mon premier entrainement un vendredi soir, l’entraineur de l’époque avait remarqué mes qualités défensives. Le Dimanche suivant j’étais titulaire en 3ème ligne face à Saint Germain Les Belles, c’était en 2010, j’avais 19 ans, et j’étais tout de suite dans le bain.

 

Selon toi, quelle est ta principale qualité sur un terrain de rugby ? Et comment tu expliques que tes coéquipiers, actuels et anciens, mais aussi les dirigeants et les supporters du club t’apprécient autant ?

 

C’est difficile de répondre à cette question, je ne sais pas si je suis apprécié de tout le monde… (il sourit timidement) … Je pense que je suis un joueur très généreux sur le terrain, je ne lâche jamais rien, je prends énormément de plaisir dans le jeu et surtout beaucoup de plaisir à défendre, c’est peut-être ça que les gens apprécient chez moi. En tout cas si on me laisse le choix entre réaliser cinq placages offensifs ou marquer un essai dans un match, je choisis sans hésitation les cinq placages. C’est ma mentalité, c’est dans ma culture, certains diront que c’est la culture britannique…

 

Quel est le meilleur souvenir que tu gardes sur les neuf saisons passées au club ?

 

Il y a beaucoup de bons souvenirs, mais la saison 2016 et la montée en 1er série après notre parcours en championnat de France reste un souvenir inoubliable. Après la défaite à Juillac en fin de saison régulière, le groupe était dévasté, perdu, notre objectif de montée direct était anéanti. Nous étions dans l’obligation de réaliser un long parcours en championnat de France, il fallait atteindre les quarts de finale… chose qui n’avait jamais était réalisé dans l’histoire du club. Le groupe a repris confiance petit à petit, il fallait prendre conscience de notre potentiel. Nous avons abordé les matchs de championnat de France comme des morts de faim, la suite on la connait, on a atteint notre objectif…C’était énorme, les moments dans les vestiaires avant et après les matchs, les retours en bus, les bières à la troisième mi-temps, les centaines de supporters qui nous poussaient, vraiment inoubliable….

 

Revenons à la saison actuelle, une saison difficile avec une 8ème place au classement. Comment vis-tu cette saison personnellement ?

 

C’est une saison difficile c’est vrai, mais ce que je vois aussi, c’est qu’il y a dans ce groupe du potentiel pour l’avenir du club. En tout début de saison, nous avions une équipe fortement remaniée avec l’arrivée de très jeunes joueurs. Les deux premiers matchs étaient plutôt difficiles, mais c’était normal car on ne se connaissais pas bien et on manquait de repères. La victoire contre Oléron, leader de la poule, nous a fait beaucoup de bien, le groupe était soudé et je me suis dit qu’on allait faire de belles choses. Par la suite, on a eu beaucoup de joueurs blessés, le groupe a perdu confiance, nous étions de moins en moins présents aux entrainements et on a enchainé les défaites. C’est difficile à expliquer tout ça, il aurait peut-être fallu remporter deux ou trois matchs à notre portée en début de saison pour que le groupe reste mobilisé. En tout cas il faut regagner de la confiance tout de suite car la saison n’est pas finie et il reste trois matchs très importants.

 

Après le match contre Marsilly à Bellac, le coach a poussé un gros « coup de gueule ». Que vous a-t-il reproché ce jour-là ?

 

Le match contre Marsilly était le début d’une série de match décisif en vue du maintien face à des équipes de bas de classement. Ce jour-là, on a été complètement à côté de la plaque, sans envie, et on perd largement le match contre une équipe de notre niveau. Fabien s’investit beaucoup pour le groupe et il nous dit toujours ce qu’il pense, et après ce match-là, il ne pensait pas du bien de nous …. Il avait tout à fait raison. Il semblait même impuissant face à une telle performance de notre part, on le sentait abattu.

 

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant d’aborder les trois derniers matchs de championnat ? En commençant par la réception de Saint Léonard ce Dimanche.

 

L’objectif pour les joueurs est le maintien en 1er série. Alors bien sûr la victoire contre Saint Léonard Dimanche après-midi est impérative, mais nous devons être plus ambitieux que cela. Pourquoi nous focaliser sur un seul match alors que les deux suivants sont tout aussi important ? Il faut remporter les trois matchs qu’ils restent, on en est capable. Pour cela il faut que le groupe gagne en cohésion, sur le terrain mais aussi en dehors. Par exemple depuis peu, après les entrainements du vendredi soir, il y a un joueur différent qui fait la « popotte » pour tous les autres. C’est ce genre de convivialité qui soudent un groupe et le fait grandir.

 

Tu es depuis quelques matchs le nouveau capitaine de l’équipe, Quentin BONIN a souhaité passer la main. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

 

C’est en effet Quentin qui est venu lui-même me voir après un entraînement pour me demander de prendre le capitanat pour la suite de la saison. Il a pris cette décision en concertation avec les entraîneurs. Je respecte beaucoup Quentin, lui aussi donne beaucoup sur un terrain, et je pense que le capitanat lui prenait beaucoup d’énergie. J’avais déjà été capitaine par intermittence cette saison, j’ai donc accepté de prendre le relais sans hésiter.

 

Nul doute que Jordan saura trouver les mots pour remobiliser ses partenaires dimanche vers 15h avant d’affronter une équipe de Saint Léonard dernière de la poule certes, mais revancharde et qui vendra chère sa peau …

 

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April 27, 2020

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