INTERVIEW DE MICHEL MACARY, PRESIDENT DE LA LIGUE NOUVELLE AQUITAINE

27/11/2019

 Michel MACARY (président de la ligue) et Pierre BOYER (président du CD87) entourés des dirigeants et des joueurs (jeunes et  anciens) du CSB.

 

 

Bonjour président, et bienvenu à Bellac. Pour nos  joueurs, jeunes et anciens, pour nos dirigeants, nos fidèles supporters, nos partenaires ou toutes autres personnes qui suivent régulièrement notre site internet, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?


        Michel MACARY, président de la ligue Nouvelle Aquitaine. Cette  ligue  est une entité qui est assez nouvelle puisqu'elle à vue le jour suite à la loi NOTRE, loi qui nous oblige à se caler sur le découpage administratif et légal de la nouvelle grande région. La ligue Nouvelle aquitaine a été créer le 1er Janvier 2018 et elle a en charge la responsabilité du rugby régional pour sa promotion et son développement.


       Je suis un ancien joueur de rugby, j'ai été formé dans un petit village gersois de 4000 habitants, dans un milieu rural et agricole, je connais bien les réalités des petits clubs. Je suis trés reconnaissant envers le rugby de village, les éducateurs qui m'on construit et éduqué au rugby. Je me plait d'être au contact des clubs amateurs de rugby parce que je trouve que c'est un accompagnement formidable dans un parcours de gamin, d'adolescent et enfin d'homme.


       J'ai poursuivi mon apprentissage rugbystique  en juniors à Auch, ensuite en séniors au Stade Rochelais de 1985 à 1989, puis au Stade Bordelais, avant de terminer ma carrière de joueur à Vergt en série régionale, club dans lequel j'ai fait mes premiers pas en tant que dirigeant. Par la suite, j'ai été president du club de Périgueux et je me suis surtout engagé dans la liste du candidat Bernard LAPORTE  par rapport aux 44 engagements qu'il a voulu développer pour le rugby français. Pour moi, ces  44 engagements sont les réponses aux problématiques qui existaient dans le rugby à l'époque, et pour lesquels je m'engage quotidiennement. Logiquement, suite à l'élection de Bernard LAPORTE à la présidence de la Fédération, j'ai pris le relais au niveau régional.


La ligue Nouvelle aquitaine est la plus grande ligue de France avec 370 clubs. Pourquoi avoir choisi de venir à Bellac aujourd'hui ? Et connaissiez-vous notre ville avant ?


       C'est la première fois que je viens à Bellac, par contre je savais qu'il y avait un fort encrage rugby dans votre ville depuis de nombreuses années, et ce malgré le fait que vous soyez sur un territoire plus football. Pierre BOYER, le président du comité 87,  qui m'accompagne aujourd'hui, m'avais déjà parler en bien de votre club, comme celui de Folles, vos voisins chez lesquels je me suis rendu l'année dernière.


       J'avais envie de venir dans un club comme le votre ou celui de Folles car vous êtes des clubs qui ont beaucoup de mérite, qui se battent pour maintenir une équipe et une école de rugby. La ligue doit être attentif à ce que vous faites et nous devons vous accompagner, vous aider sur le plan du développement, en tout cas c'est notre mission.

 

Justement, notre école de rugby est victime depuis quelques années de la mauvaise conjoncture que traverse notre sport au niveau national. En effet, les effectifs sont en baisse, environ 30 enfants de moins sur les deux dernières années pour l'entente Bellac, Folles, Nantiat. Quelles sont les actions qui vont être menées par la ligue pour tenter d'arrêter l'hémorragie ?


       Je suis bien conscient, comme vous, de la mauvaise passe que traverse notre sport. Il y a plusieurs facteurs à cela, tout d'abord je pense qu'il y a un environnement sociétal qui à changé, il y a moins d'appétence vers le sport en général, les enfants dans l'éducation qu'ils reçoivent aujourd'hui sont moins dirigés vers le sport. La jeune génération actuelle est plus souvent sur des tablettes numériques que sur des terrains de sport, mieux dans un canapé que dans une tribune. Aprés il faut aussi faire notre "mea-culpa", oui le rugby à pris du retard en terme de développement sur des sports comme le Handball et le football, qui eux en plus, surfent sur les excellents résultats de leur équipe nationale.


       Nous avons constater lors du dernier comité directeur que la courbe des effectifs au niveau des plus jeunes remonte légèrement avec des enfants qui ce sont inscrits tardivement en octobre, voir en novembre. Ce qui nous inquiète également, c'est la forte perte d'effectif chez les jeunes joueurs de 17 à 19 ans, cela veut dire que l'on arrive pas à fidéliser les jeunes pratiquants.
Pour tenter de remédier à cela, la fédération met en place un nouveau dispositif dans lequel chaque ligue est découpée en plusieurs bassins. Pour la ligue Nouvelle Aquitaine, il y a 28 bassins. Dans chaque bassins, nous avons nommé un conseiller technique dont la mission sera principalement d'accompagner les clubs. Nous avons demandé à nos conseillers techniques d'être attentifs aux besoins des clubs, d'être à l'écoute des clubs, et de mettre en place avec eux des actions de formation et de développement. Formation des éducateurs bien sûr, mais aussi développement et promotion de l'activité rugby dans les écoles, les collèges, les lyçées.


       Je n'écarte pas non plus la possibilité de travailler sur un dossier qui m'a inspiré notamment parce que certains clubs de Nouvelle Aquitaine l'on déja pratiqué, il s'agit du "Baby-rugby". Faire découvrir le rugby à des enfants de moins de 5 ans, de manière trés ludique, sans contact, avec des jeux, des ballons en mousse, du travail de motricité, peut être que cela permettrait de familiariser les touts petits et de sensibiliser plus facilement les parents à notre sport.
Alors bien sûr, faut pas se mentir, les retours en terme d'effectif, nous les aurons pas dès la saison prochaine, mais à l'horizon 2023, avec l'organisation de la coupe du monde en France, nous pourrons tirer un premier enseignement de ce nouveau dispositif mis en place par la fédération.


Aujourd'hui, nous recevons l'équipe de Saujon, ville distante de 200 km. Le 8 décembre prochain nous nous rendons à La Tremblade, ville également distante de 200 km. Au vue des dépenses que cela engendre en terme de frais de déplacement, comprenez-vous le mécontentement des présidents et surtout des trésoriers de club? Quelles réponses avez-vous à leurs apporter ?


       Je pense qu'il faut analyser la situation avec plus d'objectivité parce que lorsque qu'il a fallu changer de paramètres géographiques dut à la création de la ligue Nouvelle Aquitaine, il a fallu aussi réformer les championnats régionnaux en tenant compte des distances kilométriques bien sûr mais aussi en mixant un peu plus les confrontations car depuis des décennies, vous rencontriez des équipes de Corrèze, voir du lot ou de Dordogne. Alors on est bien conscient qu'il existe encore des clubs qui sont exentrés, on en dénombre une dizaine en Nouvelle Aquitaine, et Bellac en fait parti.


       Personnellement ce qui m'inquiète le plus, ce ne sont pas les "coûts" de trajet, mais ce sont les "temps" de trajet et ceux-ci sont incomprésibles.. Je m'explique, nous avons constater que beaucoup de joueurs séniors stoppaient le rugby parce que les déplacements étaient trop long et que leur activité sportive devenait une contrainte. Pour moi la problématique concerne plus le joueur que le trésorier, car l'aspect financier se neutralise, à vérifier bien sûr  et sous le contrôle des clubs. Des compensations fortes ont étaient effectuées par la fédération sur le plan financier avec notamment  l'abaissement du forfait kilométrique. La saison dernière, la ligue  à elle même apporté son aide financière aux clubs les plus en difficultés.


       Prochainement, nous allons  rencontrer l'ensemble des clubs de la ligue, pour les clubs de la Haute Vienne ce sera le 17 Décembre à Brive, afin d'avoir une réflexion sur une réforme des compétitions régionales et  sur un rééquilibrage territorial pour les saisons à venir.

 

Pour finir, une question un peu plus "légère". Avez-vous déjà entendu parler du calendrier des "Vieux du Stade" ?


       Je connaissais bien évidement le calendrier des "DIEUX du stade" du Stade Français, mais je dois avouer que je connaissais pas encore le calendrier des "VIEUX du stade" de Bellac. Néanmoins j'ai découvert tout à l'heure, et en exclusivité m'a t'on dit, les photos du nouveau calendrier 2020, j'ai eu le plaisir de discuter avec quelques anciens, et j'aurai le plaisir de partager le repas de midi tout à l'heure avec eux.
       C'est primordial qu'il existe dans la vie d'une association sportive  un courant générationnel. Dans la transmission, c'est trés souvent les anciens joueurs qui mettent leurs propres gamins à l'école de rugby et les anciens joueurs ramorcent souvent un cycle en tant que dirigeants dans leur club de coeur, c'est ça un courant générationnel. Ce que j'ai put remarquer de par ma fonction, c'est que plus on monte en niveau sportif, et plus on perd ce lien entre jeunes et anciens. Et franchement, il faut quand même oser se mettre à nu devant un objectif, l'idée est excellente, et quand en plus , vous en tirer des bénéfices et que ces mêmes bénéfices servent à financer des équipements pour votre école de rugby, alors là je dis un grand "bravo".

 

 

Merci Michel MACARY pour m'avoir accordé un peu de votre temps pour réaliser cette interview, et merci beaucoup de votre visite en terre bellachonne.

 

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